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Coffee-shops Amsterdam : toujours autorisés pour les étrangers

Qu’on soit pour ou contre la légalisation ou la dépénalisation du cannabis, il y a un fait que nul n’ignore aujourd’hui : Amsterdam est une ville où fumer son joint en terrasse d’un café est une chose aussi commune que boire une bière. Mais tout aurait pu changer.

Rappel des faits

La législation hollandaise, qui existe depuis une trentaine d’année, prévoyait jusqu’à présent l’autorisation de la vente de drogues dites « douces » (la distinction entre drogues « douces » et drogues « dures » n’existant pas dans la plupart des autres pays), sous certaines conditions. Par exemple, pas plus de 5g par personne et par jour, interdiction de vente aux mineurs, interdiction de faire la publicité pour son coffee-shop…

Désormais, une loi passée en Mai dernier promet l’interdiction de vente de cannabis aux étrangers dans les fameux coffee-shops. Afin de lutter contre les soit-disant dérangements causés par la vente de cannabis aux étrangers, les coffee-shops devront se transformer en clubs privés, d’une capacité maximale de 2000 membres chacun. Ces établissements ne seront autorisés à vendre du cannabis qu’à leurs membres, qui se devront de passéder la carte cannabis (« wietpas »). Cette carte, délivrée en Mairie, atteste qu’une personne est bien résidente permanente du sol hollandais.

Des pots contenant des joints de cannabis
Des pots contenant des joints de cannabis

Alors que le 1er Janvier 2013 approche, on en est où ?

En Septembre 2012 se sont tenues les élections législatives aux Pays-Bas, élections qui se sont terminées par la ré-élection du Parti populaire libéral et démocrate (VVD) du Premier ministre sortant Mark Rutte.

Face aux nombreuses critiques de la pupulation hollandaise et des tenanciers de coffe-shops, le Premier Ministre Mark Rutte s’était déclaré début Septembre 2012 « préparé à discuter des problèmes liés à la nouvelle législation ». Mais son opinion était alors plutôt de supprimer la wietpas, pour que tous les hollandais puissent accéder librement à l’ensemble des coffee-shops. Et non d’autoriser l’accès aux étrangers.

Ce lundi 29 Octobre, les libéraux et travaillistes vainqueurs des élections se sont mis d’accord sur la loi. Ils ont effectivement décidé d’abandonner la wietpas, et de laisser le choix aux maires des villes concernées par la propagation de la loi votée en Mai dernier (dont Amsterdam fait partie) de décider eux-mêmes de l’interdiction ou non de vente de cannabis aux étrangers.

Aujourd’hui, jeudi 1er Novembre, le maire de la ville d’Amsterdam, Eberhard van der Laan, qui a toujours été favorable à la vente régleméntée de cannbis, a affirmé que les étrangers pourront toujours être servis dans les coffee-shops après le 1er Janvier 2013. De son avis, « bannir les touristes des coffe-shops d’Amsterdam anéantira tous les efforts qui ont été faits jusqu’à maintenant, et mènerait au retour de la vente à la sauvette dans la rue ».

Malgré cette autorisation de vente aux étrangers, Van der Laan a promis au ministre de la Justice de maintenir un cap solide concernant la réglementation de la vente de cannabis. « La vente aux mineurs, la marijuana contenant trop de THC, les nuisances publiques ou la publicité pour les coffee-shops : nous garderont un oeil attentif sur ces points », a promis Van der Laan.

Il semblerait donc que le tourisme de la marijuana ait encore de beaux jours devant lui à Amsterdam, et ce, durant toute la durée du mandat de son maire, Van der Laan.

Lien : Amsterdam will not ban tourists from coffee shops, says mayor

Coffee shop

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République Démocratique du Congo : ce que la presse traditionnelle ne nous dit pas

C’est pas vraiment de l’informatique ou de la high-tech, mais j’avais envie de parler de cette émission du Petit Journal, édition spéciale sur la visite de François Hollande en République Démocratique du Congo.

Le Petit Journal a l’habitude de traiter les sujets de manière décalée, et surtout, de traiter des sujets dont les médias habituels ne parlent pas forcément (comme le précise cet article du Médialisateur). Mais ils ont fait hier 15 Octobre un excellent numéro sur la visite du Président en RDC. Alors que TF1 et France 2 (entre autres) ne parlent que de faits « habituels », parfaits pour Madame Michu, Canal+ nous montre la réalité de ce pays, qui comme dit Yann Barthès, « n’a de Démocratique que le nom ».

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Certes, M. Hollande lui a peut-être trop manqué de respect dans certains cas. Mais reste le fait que c’est le premier président français (feel free to correct me…) qui montre clairement son opposition face à une politique inacceptable, celle de Joseph Kabila. En contradiction parfaite avec son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, qui rappelons-le, n’avait au départ pas manqué de fricoter avec Kadhafi en l’échange de contrats juteux pour la France.

C’est pour ça que je suis venu aussi, pour que la presse internationale, vous, puissiez le constater et faire votre propre jugement.

Certes, ce que fait le gouvernement de M. Hollande n’est pas tout rose. Notamment en bloquant tout débat et discussions, pourtant nécessaires à une Démocratie, concernant la dépénalisation du cannabis (et non sa légalisation), et en donnant de l’argent à une entité qui n’en mérite pas (oui, d’autres exemples existent, mais ce n’est pas le but de l’article). Mais c’est déjà ça.

Pour finir, une dépêche de l’AFP pour résumer le tout.

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Techniques de désinformation

Korben a publié ce matin un article hautement intéressant : les techniques secrètes pour contrôler les forums et l’opinion publique. Il fait état des méthodes qui sont utilisées par le FBI ou d’autres agences de désinformation pour enfumer les espaces de parole, comme les forums ou les blogs. Principalement utilisées aux États-Unis, il est fortement probable qu’elles soient appliquées au reste du monde, notamment en France.

Comment une telle info (lien original, en anglais), à priori destinée à rester secrète, a pu être dévoilée ? Korben explique que c’est à cause de l’effet Streisand : l’article, publié sur Cryptome (ancêtre de WikiLeaks), a été relayé récemment par un site web, puis censuré.

« Cointelpro est une organisation US liée au FBI dont la mission était de faire de la désinformation et de foutre le bordel parmi les groupes d’activistes. Officiellement, Cointelpro a disparu en 71, mais l’organisation a juste changé de nom. Maintenant, en plus d’infiltrer de manière classique des groupes d’activistes, cette ou ces organisations gouvernementales officient sur Internet pour enterrer les bad buzz et noyer le poisson sur les forums d’activistes. »

On peut donc y apprendre diverses manipulations pour :

  • le forum sliding : faire glisser un sujet sensible vers le fond d’un forum en postant divers courts messages sur des vieux topics, les faisant remonter au-dessus du sujet délicat ;
  • le consensus cracking : établir une hypothèse fragile et sans preuves, puis abreuver le sujet de réponses (à l’aide de faux comptes, là encore) à la fois en la faveur et la défaveur de cette hypothèse, puis orienter doucement le sujet vers votre faveur ;
  • le topic dillution (« trolling ») : abreuver un forum de messages inutiles et superficiels, pour faire passer l’esprit général du forum plus vers du commérages que de la vraie information ;
  • le full control : militer sans relâche et se faire bien voir des administrateurs jusqu’à pouvoir obtenir un poste de modérateur ; il est ensuite très simple de tuer le forum en supprimant des membres, en censurant des messages, en rendant un site temporairement indisponible…

Et autres techniques machiavéliques, notamment Les 25 règles de la désinformation

La lecture est très longue (prenez un bon moment pour bien lire et bien comprendre), mais passionnante et enrichissante. Je dirais qu’elle est même nécessaire pour ne pas avaler tout cru ce qu’on lit sur Internet, et rester toujours sur ses gardes quant à la lecture d’une info (même celle-ci ; peut-être que je cherche à vous enfumer, qui sait ? ;)).

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Woot ! Et l’horizon s’éclaire soudain…

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, a laissé entrevoir ce matin un espoir d’amélioration en ce qui concerne la culture du némrique en France. Elle a résumé tout ce qui était négatif dans le système Hadopi. C’est tellement bien dit qu’il n’y a rien de plus à ajouter :

« Jusqu’à présent, on n’a pas réussi à trouver les modèles de financement de la création à l’ère du numérique. Ce qui fait qu’on a un système la Hadopi qui n’a pas permis de dégager de l’argent pour financer les artistes, les cinéastes, les musiciens. Il n’y a jamais eu association de l’ensemble des parties prenantes, des internautes, des sociétés d’auteur, les artistes eux-mêmes… On a un système qui n’a pas permis de dégager de l’argent pour financer les cinéastes. Le système de sanction tel qu’il a été mis en place et pensé s’est révélé à la fois inefficace et négatif du point de vue du message qu’on veut faire passer. On a opposé les artistes avec leur public. »

No comment. Bravo, Aurélie. Ne fléchis pas face aux lobbys.

Liens
Aurélie Filippetti condamne de facto Hadopi
Clubic – La révision de la Hadopi prendra moins de 6 mois
La loi Hadopi sera bien révisée d’ici 2013

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CISPA, nouvelle loi liberticide américaine

Et hop ! Ni vu, ni connu, une nouvelle loi cherchant à contrôler le Net pointe le bout de son nez au États-Unis. Les gens n’ont pas aimé la SOPA et la PIPA ? Pas de soucis, on est têtus comme des bourriques, reformulons la plupart de nos idées dans un nouveau projet de loi !

Alors que les précédentes lois citées ci-dessus s’attaquaient principalement à la propriété intellectuelle, le nouveau projet de loi, CISPA (Cyber Intelligence Sharing and Protection Act) vise une application beaucoup plus large et beaucoup plus grave, pour les internautes du monde entier.

En effet, cette loi donnerait aux entreprises privées et au gouvernement américain le droit d’espionner n’importe lequel d’entre nous, à tout moment et aussi longtemps qu’ils le désirent sans mandat (sans nous prévenir que nous sommes surveillés). Les données recueillies seraient transmises au gouvernement américain, qui utiliserait une clause d’immunité absolue afin de se protéger d’éventuelles poursuites pour violations de la vie privée.

En gros, le gouvernement américain pourrait mettre son nez PARTOUT, et tout le monde devrait fermer sa gueule. Pratique, de se donner l’immunité pour faire ce qu’on veut !

Inacceptable. C’est aussi ce qu’en disent plusieurs associations, dont la célèbre Electronic Frontier Foundation : la loi CISPA « autorise les entreprises à espionner les utilisateurs et partager des informations privées avec le gouvernement et d’autres sociétés privées grâce à une immunité de responsabilité civile et pénale quasi-totale » explique-t-elle.

Facepalm

Heureusement, tout n’est pas encore perdu… Il ne s’agit encore que d’un projet de loi. Il est néanmoins soutenu par de grandes entreprises, dont Facebook, Microsoft, Symantec (eh oui, ils auraient l’immunité pour aller fouiller dans nos données), et par une centaine de représentants politiques américains. Mais ces derniers ne sont pas insensibles à la pression mondiale, ce qui a dernièrement permis de faire annuler les lois SOPA et PIPA (ne jamais sous-estimer la parole du Peuple !).

Le site de pétitions Avaaz a ainsi préparé une pétition, qui, à l’heure où j’écris ces lignes, a été signée par plus de 500 000 internautes. Ajoutez votre nom à la liste, et signez la pétition contre le projet de loi CISPA en cliquant sur le logo ci-dessous :

Liens : Numerama, PC Inpact, Clubic

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